«Seniors'
Medicine Wheel»
Centre d'amitié autochtone, Portage-la-Prairie, Manitoba
Contexte
| Résumé |
Sources
Contexte
Le Centre
d'amitié autochtone de Portage-la-Prairie, Manitoba, comme
nombre d'autres centres du Canada, fournit une vaste gamme
de services aux Autochtones de tous âges. Ces services vont
du logement et des activités récréatives aux programmes de
désintoxication et d'alphabétisation. Organisme à but non
lucratif, qui s'est donné pour mandat d'aider les Autochtones
à s'adapter à la vie en milieu urbain, le Centre d'amitié
a ouvert ses portes durant les années 60 comme halte-accueil.
À l'heure actuelle, le Centre accueille plus de 1 500 personnes
par année.
Environ
25 % de la population de la région de Portage est d'origine
autochtone et se répartit entre Indiens visés par un traité,
Indiens inscrits et non inscrits et Métis. Le Centre d'amitié
de Portage, le seul organisme pour Autochtones de la région,
offre depuis longtemps des programmes et des services indispensables,
adaptés aux traditions culturelles et aux besoins de la collectivité.
Le projet
«Seniors' Medicine Wheel» a été créé pour répondre
aux besoins de la population grandissante des personnes âgées
autochtones vivant en milieu urbain. Environ 15 % des Autochtones
vivant dans la région de Portage sont âgés de plus de 50 ans.
Un grand
nombre de ces personnes âgées ont passé leur enfance dans
un pensionnat et ont dû com-poser avec de lourds traumatismes
physiques, affectifs et spirituels qu'on leur a infligés dans
ce milieu. Bon nombre d'entre elles, essayant de surmonter
les séquelles de ces traumatismes, sont allées vivre loin
des réserves dans des centres urbains où elles ont perdu tout
contact avec les systèmes de soutien social et culturel traditionnels.
Dans des
centres urbains tels que Portage-la-Prairie, les personnes
âgées autochtones passent sou-vent entre les mailles du filet
et se trouvent exclues de la vie communautaire. Elles ne peuvent
pas accéder aux services de soins de santé et sociaux adaptés
à leur culture.
La marginalisation
et l'isolement de ces Autochtones ont eu de nombreuses répercussions
sur leur santé et les ont empêchés d'accéder aux soins et
aux services sociaux dont ils avaient besoin. Le programme
«Seniors' Medicine Wheel» a été créé dans le but
de fournir aux personnes âgées autochtones vivant en milieu
urbain, des informations et un soutien et de leur faciliter
l'accès aux services de santé existants.
Au départ,
le projet avait pour but de diriger les personnes âgées autochtones
vers les services appropriés sur le plan culturel. C'était
un projet louable, mais il ne pouvait pas nécessairement
être affilié au domaine de la promotion de la
santé mentale. Cependant, le simple fait de réunir les personnes
âgées a donné des résultats inattendus mais très positifs.
Les réunions hebdomadaires et à ses cercles de discussion,
ont dès lors constitué les bases d'un véritable
projet de promotion de la santé mentale. Les Autochtones âgés
ont ainsi pu se mettre en contact avec de nombreux enfants
de leur communauté, et démarré un cycle d'échange
culturel et de guérison affective. Grâce à ce processus, les
personnes âgées ont commencé à entrer dans le rôle d'Aînés,
nom utilisé généralement par les Autochtones pour désigner
les membres de la collectivité les plus estimés et respectés,
ayant une sagesse à partager.
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Résumé
Nous résumerons
le projet «Seniors' Medicine Wheel» d'une façon
légèrement différente des deux autres afin de mettre en lumière
son cheminement particulier et les personnes qui en ont profité.
Au lieu d'utiliser les catégories Buts, Objectifs, Processus
et Partenaires pour décrire le programme, nous raconterons
son histoire de façon chronologique, en tant qu'initiative
visant à diriger les Aînés autochtones vivant en milieu urbain
vers les services de santé locaux. Puis nous montrerons son
aboutissement, à savoir une initiative de promotion
de la santé mentale chez des enfants et des personnes âgées
vivant au sein des communautés autochtones urbaines.
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Les
Aînés qui ont participé au programme «Seniors'
Medicine Wheel» partageaient de nom-breuses préoccupations
à propos de leur état de santé ainsi que de celui des
jeunes générations. Ils ont affirmé qu'ils souhaiteraient
changer plusieurs choses dans leur collectivité, que
ce soit la toxicomanie, la violence familiale ou la
perte de l'identité culturelle et le senti-ment de désespoir,
courant chez les plus jeunes.
Durant
la première phase du projet, les Aînés ont participé
à une série de réunions hebdo-madaires, organisées par
le personnel du Centre d'amitié, pour connaître les
divers services qui leur étaient offerts et la façon
de s'en prévaloir afin d'améliorer leur santé.
Lors
de ces réunions, les Aînés ont également pu exprimer
leurs préoccupations à propos de leur collectivité.
Ils sentaient qu'il leur incombait d'améliorer la situation
des enfants et des jeunes qui grandissaient dans un
milieu malsain sur le plan physique, mental et spirituel.
Au
fil de leurs discussions hebdomadaires, les Aînés se
sont rendus compte qu'ils partageaient un grand intérêt
pour le bien-être des enfants et des jeunes de leur
collectivité et qu'ils craignaient que bon nombre d'entre
eux ne connaissent les mauvais traitements qu'on avait
infligés, dans les pensionnats, aux générations précédentes.
Les Aînés ont ressenti le besoin de faire quelque chose
pour améliorer la santé mentale et l'estime de soi de
ces enfants. Ils ont pensé que le fait de transmettre
leur connaissance de la culture traditionnelle à ces
jeunes pourrait les aider à être fiers de qui ils étaient.
Ils ont également tiré profit de leurs interactions
avec les enfants, avec l'idée qu'ils contribuaient grandement
à l'amélioration de la santé mentale de leur collectivité.
La
deuxième phase du projet «Seniors' Medicine Wheel»,
axée sur la promotion de la santé mentale, pouvait démarrer.
Par l'intermédiaire des personnes ressources du Centre
d'amitié, ils ont commencé à travailler dans le cadre
du programme «Aboriginal Head Start», qui
était déjà implanté dans la collectivité et dont le
mandat était de favoriser la croissance spirituelle,
affective, intellectuelle et physique des enfants autochtones
et d'appuyer les parents et les tuteurs dans leurs rôles
d'enseignants et de protecteurs.
Étant
donné qu'un autre but du programme «Head Start»
était de collaborer avec d'autres programmes communautaires,
il a semblé logique d'établir un partenariat entre «Head
Start» et le projet «Medicine Wheel».
Ce partenariat a réuni deux initiatives qui accordaient
une même valeur aux soins, à la créativité et à la fierté
découlant de la connaissance des croyances, de la langue
et de la culture traditionnelles.
Les
Aînés étaient les seuls membres
de la collectivité qui connaissaient encore quelques-uns
des langages et des enseignements traditionnels et qui
pouvaient les transmettre aux jeunes générations. Cependant,
comme beaucoup de ces Aînés avaient vécu dans des pensionnats,
ils avaient déjà perdu une bonne partie de leur connaissance
de la langue et des traditions.
Les
personnes âgées et les enfants ont profité énormément
de ces échanges. Les Aînés ont offert aux enfants un
cadeau sans prix, soit leur temps, leur connaissance
de la culture et leur sagesse. Ils ont été reconnus,
pour la pre-mière fois dans bien des cas, pour leur
contri-bution à la collectivité. Grâce à leur relation
enrichissante avec les Aînés, les enfants ont pu apprendre
la langue autochtone et les croyances traditionnelles,
mais ils ont également gagné plus de confiance, de respect
et d'estime de soi.
Les
Aînés et les enfants ont établi des relations durables
grâce au programme «Medicine Wheel». Certains
des Aînés sont devenus les grand-parents de certains
enfants et continuent de passer du temps ensemble.
Les
participants ont créé deux ouvrages en collaboration
: un cahier à colorier pour enfants illustrant bon nombre
de légendes et d' histoires traditionnelles, et un livre
reconnaissant la sagesse et les contributions des Aînés.
Des exemplaires de ces ouvrages ont été remis à d'autres
collectivités autochtones pour les inciter à mettre
sur pied des programmes similaires.
Le
personnel du Centre d'amitié s'est rendu compte que
le programme connaissait un immense succès du moment
où il a cessé d'être un simple programme pour
devenir une partie intégrante de la vie des gens. Même
s'il a cessé d'être financé, le travail amorcé lors
du projet n'a pas pris fin. Le programme «Medicine
Wheel» a aidé une collectivité à entreprendre
un processus de guérison, un mouvement qui favorise
la santé mentale et la régénérescence culturelle.
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Sources
«Aboriginal
Head Start Initiative». http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/childhood-youth/acy/ahs.htm
«Mental
Health Promotion Resource Directory». Canadian Public
Health Association, Ottawa: 1998.
«Seniors’
Medicine Wheel Project Proposal». Portage Friendship
Centre, Portage La Prairie: 1996.
Rapport
final du projet «Seniors' Medicine Wheel» remis
à Santé Canada, Health Promotion and Program Branch, Centre
d'amitié de Portage, Portage-la-Prairie :1998.
"Comme
l'aigle qui se prépare à quitter le nid avec toutes les
compétences et connaissances dont il a besoin dans la
vie, je guiderai mes enfants. Je me servirai de la culture
pour les préparer à la vie.
La
chose la plus importante que je peux donner à mes enfants
est mon temps. Je passe du temps avec eux afin d'apprendre
d'eux et les écouter.
J'enseignerai
à mes enfants comment prier ainsi que l'importance du
respect. Nous prenons soin de nos enfants au nom du Créateur.
Ils sont ses enfants et non les nôtres. Je suis fier de
notre langue traditionnelle. Je l'apprendrai si je le
peux et j'aiderai mes enfants à l'apprendre.
Dans
le monde d'aujourd'hui, il est facile pour les enfants
de sortir du droit chemin. Je m'efforcerai donc de leur
trouver des buts positifs. Je leur enseignerai leur culture.
Je favoriserai leur éducation. Je les encouragerai à faire
du sport et à chercher conseil auprès des aînés, mais
surtout j'essaierai d'être moi-même un modèle. Je prends
cet engagement envers mes enfants pour qu'ils aient du
courage et qu'ils trouvent leur voie par des moyens traditionnels."
Auteur
inconnu - Bulletin du programme Aboriginal Head Start
- hiver 1997-1998.
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