La santé mentale et la violence contre les femmes et les enfants
La violence n’est pas le problème des autres, c’est le problème de tout le monde. La violence s’étend à la société canadienne, à la maison, au travail, dans les sports et les média. Chacun de nous doit assumer les responsabilités des valeurs, des croyances et des institutions de notre société qui permettent à la violence de ce produire. Nous devons commencer à mettre fin à la violence dans notre société, grâce à l’éducation et la sensibilisation du public, à une modification des rapports de force, et par l’application de loi et du système juridique. La violence est un facteur important dans la distinction de pouvoir et il existe plusieurs groupes et individus victimes d’un déséquilibre de force. Les femmes et les enfants constituent le plus grand groupe impuissant de la société et, par conséquent, les premières victimes de la violence.
La violence englobe ici tout l’éventail des préjudices physiques, sexuels et psychologiques, y compris les services (définis comme mauvais traitements physiques, psychologiques et sexuels et destruction des biens personnels), le harcèlement sexuel (y compris l’exploitation sexuelle de clients, élèves, employés et collègues de travail), la pornographie, la violence sexuelle, l’inceste et les mauvais traitements infligés aux enfants.
Les hommes sont les principaux coupables de la violence. Les femmes et les enfants en sont les principales victimes. Un grand nombre des auteurs de mauvais traitements ont été eux-mêmes victimes de la violence. Un traitement s’avère nécessaire pour briser le cycle de la violence.
Principes
La violence contre les femmes et les enfants sont un problème majeur de santé mentale qui a des incidences sur toute la société. Les hommes et les femmes qui ont été sujets à la violence dans leur enfance témoignent de l’impact tragique de cette expérience sur leur vie. Les conséquences psychologiques de la violence sont graves et destructrices et dureront toute une vie. Ce n’est que récemment que nous avons commence à reconnaître à quel point la violence est répandue, dangereuse et tragique. L’impact sur la société inclut le besoin de traitement et de soins pour les victimes, à tout moment, durant toute leur vie.
Recommandations
Vue l’étendue du problème, l’Association canadienne pour la santé mentale fait pression sur les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux, sur les juges, les procureurs de la couronne, la police, les professionnels de la santé et toute la société, pour qu’ils soutiennent les victimes des façons suivantes.
- Mettre en application une législation pour traiter, rigoureusement et sans exception, des cas d’agression sexuelle et de mauvais traitements infligés aux enfants.
- Considérer l’agression sexuelle des enfants par un parent, un membre de la famille ou une autre personne en position de confiance, comme un crime aussi grave qu’une agression par un inconnu.
- Écouter, appuyer et protéger l’enfant victime d’agression sexuelle, surtout pendant les procédures judiciaires.
- Écouter la victime et admettre qu’elle dit la vérité. Les preuves de corroboration telles que les préjudices visibles et la nécessité de signaler l’infraction le plus tôt possible ne devraient pas être utilisés pour déterminer la véracité des accusations, et l’absence de ces éléments ne devrait pas servir d’appui à l’innocence de l’accusé.
- Interjeter l’appel pour les sentences modiques prononcées dans les cas de voies de fait d’ordre sexuel ou physique contre l’épouse. Considérer de telles infractions comme des crimes graves qui méritent des peines équivalentes à celles qui sont imposées pour d’autres agressions.
- Reconnaître la priorité de l’évaluation et du traitement des délinquants sexuels jeunes et adultes.
- Reconnaître et comprendre les besoins particuliers des femmes et des enfants en milieu rural ou vivant dans la pauvreté, des femmes et des enfants de couleur, des autochtones, des personnes handicapées, des immigrants, des femmes âgées, étant donné leur isolement et la double oppression que ces personnes subissent dans notre société.
- Fournir aux victimes des renseignements sur le traitement et un soutien et les encourager à faire le choix parmi les programmes disponibles afin d’amorcer le processus de guérison.
- Mettre en place et développer les services directs suivants: centres d’accueil des victimes d’agression sexuelle, abris pour femmes battues, maisons de transition et services de consultation communautaires.
Novembre 1995

