Positions de la politique
S’appuyant sur les résultats d’une étude nationale effectuée par l’ACSM, Favoriser la santé mentale des personnes âgées grâce aux soins et services à domicile : Guide d’élaboration des politiques offre aux planificateurs et aux responsables de l’élaboration des politiques un cadre pour mieux comprendre les besoins en santé mentale des personnes âgées. L’étude a démontré que les soins et services à domicile pouvaient jouer un plus grand rôle dans le soutien de la santé mentale, tant sur le plan de la nature des services offerts que celui de leur prestation.
L’accès aux services de santé mentale est un problème qui a des répercussions importantes pour tous les Canadiens et ce, qu’ils vivent ou non avec une maladie mentale. Lorsque les premiers ministres se sont entendus au mois de février dernier pour discuter de l’avenir à long terme des soins de santé au Canada, l’amélioration de l’accès et de la qualité des services de santé mentale communautaires a été identifiée comme un des huit secteurs prioritaires. Nous croyons que le gouvernement fédéral a un rôle essentiel à jouer pour favoriser les partenariats entre le fédéral, les provinces et les territoires afin de commencer à se pencher sur bon nombre des obstacles à l’accès aux services de santé mentale auxquels sont confrontés les Canadiens de nos jours.
Le Groupe de travail des services de santé mentale du bureau national de l’ACSM a procédé à la mise à jour du document Un cadre pour le soutien, qui présente la politique centrale de l’ACSM à l’égard des personnes ayant une maladie mentale. Cette troisième édition a conservé l’intégrité du modèle et se positionne maintenant dans le contexte actuel de la santé de la population, de la promotion de la santé et de la guérison. Le document Un cadre pour le soutien, 3ème édition présente le meilleur d’un vieux modèle auquel sont ajoutées de nouvelles réalités. Même si le Cadre a évolué et a connu des modifications avec le temps, ses principes de base demeurent aussi vivants et pertinents que jamais.
Si le délai d’attente dans l’obtention de services de santé est long en général, l’attente avant d’obtenir des services psychiatriques est interminable. Pour la plupart d’entre nous, la peur de « perdre la tête » est la plus effroyable. Dans ce contexte, la consultation médicale en temps opportun et le fait de savoir qu’une forme quelconque de prise en charge est imminente sont rassurants. C’est la même sensation que celle qu’éprouve la personne souffrant d’une autre maladie grave lorsque le traitement est enfin instauré.
Les professionnels de la santé mentale ont besoin d’une meilleure formation pour répondre aux exigences des femmes en matière de santé mentale. La plupart des programmes de formation actuelle n’exigent pas de traiter à fond des problèmes de genre, ni même d’essayer d’aborder les différentes expériences entre les sexes. Les besoins biologiques, psychologiques et sociaux des femmes ne font pas partie des programmes d’études dans les écoles de formation, et la plupart des thérapies et des recherches sont fondées sur l’expérience des hommes. Les programmes de recherche en santé mentale menés par les femmes ne reçoivent que 6,05% des fonds de recherche de santé mentale au Canada, et seulement 0,42% des fonds de recherche de santé.
Depuis sa création, il y a plus de 70 ans, l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) est un défenseur unique des personnes souffrant de problèmes de santé mentale à long terme. Au cours de la dernière décennie, l’ACSM a élargi son mandat qui consistait à promouvoir la prestation des services en vue d’appuyer de façon active les initiatives d’auto-assistance et les ressources communautaires. La protection des droits individuels dans les programmes thérapeutiques et la communauté est devenue une préoccupation importante.
En 1993, l’ACSM a mené une étude à l’échelle canadienne sur la violence faite aux personnes atteintes de troubles mentaux. L’étude mettait l’accent sur les personnes qui ont été victimes de violence après être devenues bénéficiaires des services de santé mentale. On a constaté que le domicile, les lieux publics et les hôpitaux sont les endroits où les personnes souffrant de troubles mentaux sont le plus souvent victimes de violence, et que les membres de la famille, les usagers des services de santé mentale et les dispensateurs de services sont les plus susceptibles de se montrer violents envers elles.
Un certain nombre d’études sur la santé des femmes ont démontré l’existence de liens étroits entre l’état de santé et les facteurs socio-économiques touchant les femmes. Des facteurs tels qu’une participation limitée à la vie publique, un pouvoir de décision restreint, des attentes de rôles dévalorisés dans la société, la pauvreté, la violence et l’exploitation sexuelle empêchent toute possibilité de bien-être mental. Les contraintes économiques et sociales, associées aux charges inégales imposées par les attentes de rôles dans la société, ont souvent un effet négatif sur la santé, le bonheur et les possibilités d’accomplissement et de réussite personnelle des femmes.
La violence n’est pas le problème des autres, c’est le problème de tout le monde. La violence s’étend à la société canadienne, à la maison, au travail, dans les sports et les média. Chacun de nous doit assumer les responsabilités des valeurs, des croyances et des institutions de notre société qui permettent à la violence de ce produire. Nous devons commencer à mettre fin à la violence dans notre société, grâce à l’éducation et la sensibilisation du public, à une modification des rapports de force, et par l’application de loi et du système juridique. La violence est un facteur important dans la distinction de pouvoir et il existe plusieurs groupes et individus victimes d’un déséquilibre de force. Les femmes et les enfants constituent le plus grand groupe impuissant de la société et, par conséquent, les premières victimes de la violence.
L’Association canadienne pour la santé mentale estime que l’inégalité sociale a des effets nuisibles sur le bien-être mental des femmes. Des inégalités continuent à exister pour les femmes canadiennes sur le plan de la vie familiale, l’éducation, la formation, l’emploi et les rôles de décideurs dans la société. Bien qu”un petit nombre de femmes soit avantagé par des politiques visant à accroître l’accès à des professions qui offrent des revenus plus élevés, la grande majorité des femmes continuent d’avoir des emplois à très faibles revenus. Jusqu’à présent, les efforts de mise en oeuvre de politiques d’équité en matière d’emploi et de rémunération ont produit très peu d’effets. Les femmes continuent d’être excessivement représentées parmi les groupes défavorisés économiquement.

