Les phobies et les troubles de panique
Les phobies et les troubles de panique font partie d’un groupe de maladies mentales appelées « troubles anxieux ». Les troubles anxieux sont parmi les problèmes de santé mentale les plus courants qui affectent un Canadien sur dix. En dépit de cette statistique étonnante, les troubles anxieux sont mal compris, et les personnes qui en sont affectées sont souvent considérées comme « faibles, complaisantes ou indisciplinées »
Que sont les phobies et les troubles de panique?
La peur est un aspect naturel de notre vie; c’est une réaction instinctive humaine qui nous protège du danger. Toutefois, lorsque la peur devient une force dominante qui entrave notre capacité de fonctionner au quotidien, elle résulte peut-être d’une phobie ou d’un trouble de panique. Même si
la personne victime d’une attaque de panique sait que sa réaction est disproportionnée ou n’a même rien à voir avec la situation, elle ne peut pas arrêter
la terreur qui la paralyse.
En raison de la stigmatisation entourant la maladie mentale, les personnes souffrant de ces troubles sont souvent considérées par les autres comme « hystériques » ou ayant une « réaction excessive ». En outre, comme s’ajoutent à cela leurs propres sentiments de gêne et de culpabilité, il arrive souvent que ces personnes n’aillent pas chercher l’aide dont elles ont besoin pour traiter un trouble qui pourrait pourtant être traité.
Les symptômes
Les symptômes physiques des phobies et des attaques de panique sont notamment :
- Rythme cardiaque rapide, palpitations, peut-être même une douleur thoracique
- Essoufflement, halètement, sécheresse de la bouche
- Rougeur
- Nausée ou vomissement
- Tremblement, tension musculaire
- Étourdissement
- Bouffées de chaleur et transpiration ou frissons
- Difficultés à dormir
- Incapacité de se concentrer
Les symptômes peuvent être si accablants que la personne peut penser qu’elle va mourir. En fait, il n’est pas inhabituel pour ces personnes de se rendre de nombreuses fois au service des urgences, convaincues qu’elles subissent une crise cardiaque.
Les troubles de panique
Les attaques de panique peuvent être totalement imprévisibles; elles peuvent durer de dix à trente minutes et sont étrangères à tout « déclencheur » en particulier. Elles peuvent frapper à tout moment, en tout lieu, et elles causent une peur accablante considérable. En fait, la peur engendrée par une attaque de panique peut être si intense, qu’elle amène les gens à s’inquiéter de la possibilité d’attaques futures. Cela s’appelle un « trouble de panique ». Les troubles de panique causent tellement d’anxiété que les personnes qui en souffrent évitent toute situation où elles pourraient avoir une attaque de panique et sont terrifiées à l’idée de quitter leur domicile (agoraphobie).
Les troubles de panique touchent environ deux millions de Canadiens. Les statistiques révèlent que deux tiers des personnes qui cherchent de l’aide sont des femmes. Souvent, ces troubles commencent pendant l’adolescence ou au début de l’âge adulte.
La cause des troubles de panique est inconnue; cependant, on croit que l’hérédité (antécédents familiaux), le stress et des changements biologiques dans le cerveau contribuent à la maladie. En outre, les événements traumatisants tels que la mort ou la maladie grave d’un proche, un accident ou un viol, les situations de maltraitance subies durant l’enfance, ou même les événements heureux comme la naissance d’un enfant, peuvent augmenter le risque de développer des troubles de panique.
Les phobies
Contrairement aux troubles de panique, les phobies ont des « déclencheurs » qui sont identifiables. Les personnes atteintes de phobies éprouvent une peur accablante et irrationnelle de certaines « choses », comme des objets, des situations ou des animaux. On croit que les phobies se développent à la suite d’événements ou en raison de personnes qui ont influencé le phobique pendant ses années de développement. La rupture familiale, l’aversion des parents pour les relations sociales, les phobies d’un autre adulte influent ou un événement traumatisant peuvent être liés à la phobie chez une jeune personne. Généralement, il existe deux catégories différentes de phobies :
Phobie spécifique
Les personnes souffrant de ce type de phobies sont terrifiées par des choses très spécifiques. Il y a notamment la peur des hauteurs, de prendre l’avion, de certains animaux ou insectes, de l’eau (hydrophobie), des conditions météorologiques (comme le tonnerre et la foudre), des transports publics, des aiguilles, des tunnels, des ponts et des espaces ouverts. Il existe beaucoup d’autres exemples de phobies spécifiques, chacune aussi unique que la personne qui en est affectée.
Phobie sociale
Les situations sociales provoquent de la gêne et une énorme peur chez les personnes atteintes d’une phobie sociale. La crainte de se produire en public fait partie de cette catégorie. Afin d’éviter les sentiments de terreur et d’humiliation ou le potentiel d’avoir une attaque de panique en public, les personnes atteintes d’une phobie sociale déploient de grands efforts pour éviter de se retrouver dans des situations où elles seront entourées d’autres personnes.
Le traitement
Si vous ou une personne que vous aimez présentez les symptômes d’une phobie ou d’un trouble de panique, vous devez d’abord en parler à votre médecin de famille. Un premier examen médical doit être fait, afin d’écarter toute cause physique sous-jacente des symptômes. Par exemple, les problèmes d’anémie et de la glande thyroïde imitent les symptômes de l’anxiété.
Si votre médecin de famille identifie une phobie ou un trouble de panique, il existe plusieurs traitements différents qui pourront vous aider. La psychothérapie, les techniques de relaxation et de respiration ainsi que les médicaments se sont révélés très efficaces. Si vous avez une phobie, la thérapie comportementale pourrait également vous être recommandée pour vous aider à vous désensibiliser à la « chose » qui cause votre peur.
Les choix de modes de vie
Il vous faut être un membre actif de votre équipe de soins de santé mentale. Jouez un rôle proactif dans votre bien-être et faites des choix de modes de vie soucieux et sains.
Faites ce qui suit:
Joignez-vous à un groupe de soutien s’il y en a un dans votre collectivité:
il est important pour vous d’établir des liens avec d’autres personnes qui recherchent des solutions à leur maladie et des stratégies d’adaptation à leurs troubles;
Ayez une alimentation saine:
une alimentation nutritive et équilibrée est importante pour votre état de santé général;
Évitez l’alcool, les boissons caféinées et les drogues illicites:
bien qu’il soit tentant de chercher un soulagement émotionnel en consommant de l’alcool ou d’autres drogues, ces substances augmentent souvent votre anxiété et peuvent déclencher des attaques de panique;
Faites de l’exercice:
soyez actif et restez actif. Il a été démontré que l’activité physique améliore l’humeur et procure une impression de calme;
Gérez votre stress:
suivez un cours sur la gestion du stress et cherchez des façons de réduire et de percevoir les facteurs de stress;
Essayez la méditation et pratiquez d’autres activités qui calment l’esprit:
les activités de méditation assise ou en mouvement, comme le tai-chi et le yoga, sont bénéfiques pour calmer l’esprit;
Faites une bonne nuit de sommeil:
vous avez besoin de dormir suffisamment pour vous sentir bien le lendemain. Alors, assurezvous de prendre suffisamment de repos pendant la nuit.
Organismes communautaires
Les organismes comme l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) et autres organismes communautaires de santé mentale offrent des services, de l’information et du soutien aux personnes touchées par la maladie mentale.
Pour communiquer avec l’Association canadienne pour la santé mentale, rendez-vous sur le site www.acsm.ca et cherchez les coordonnées du bureau situé le plus près de chez vous.
Ne laissez pas la peur envahir votre vie. Nous pouvons vous aider à gérer vos phobies ou votre trouble de panique. Téléphonez-nous avant qu’une autre journée de peur ne menace de prendre le contrôle de votre vie.

