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La dépression et le trouble bipolaire

Les troubles de l’humeur sont des maladies qui amènent les personnes qui en souffrent à ressentir des émotions intenses et prolongées qui affectent négativement leur bien-être mental, leur santé physique, leurs relations et leurs comportements. Près de dix pour cent des Canadiens souffrent d’un trouble de l’humeur à un moment quelconque de leur vie.

Bien qu’il puisse arriver à tout le monde de connaître de brefs épisodes de « hauts » et de « bas », nous n’éprouvons généralement pas d’émotions extrêmes ou de sautes d’humeur prolongées. Un sens interne de la maîtrise a tendance à modérer nos importantes sautes d’humeur et à stabiliser nos hauts et nos bas.

Chez les personnes souffrant d’un trouble dépressif de l’humeur, ce sens interne de la maîtrise peut être manquant. Lorsque survient un événement pénible, comme le décès d’un être cher, une perte d’emploi, un accident ou une maladie, un sentiment accablant d’impuissance et de désespoir peut survenir et entraîner un trouble dépressif majeur. Les femmes sont touchées par la dépression deux fois plus souvent que les hommes.

Le trouble bipolaire, ou psychose maniacodépressive, est l’autre type important de trouble de l’humeur. Une personne chez qui l’on a diagnostiqué un trouble bipolaire connaît une alternance de sautes d’humeur qui vont des « hauts » extrêmes aux « bas » extrêmes. Ces épisodes n’ont peut-être rien à voir avec un événement de la vie en particulier et ils semblent survenir spontanément et indépendamment de tout élément déclencheur.

La psychose maniacodépressive touche environ un pour cent de la population. Les premiers symptômes se manifestent habituellement à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, et cette maladie affecte autant les hommes que les femmes. Outre la dépression et le trouble bipolaire, les troubles de l’humeur comprennent également :

  • la dépression post-partum
  • les troubles affectifs saisonniers
  • la dysthymie
  • la dépression avec psychose

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la dépression post-partum et les troubles affectifs saisonniers, veuillez consulter nos autres brochures portant sur ces sujets.

La dépression

Le trouble dépressif majeur – que l’on appelle souvent simplement « dépression » – est différent du simple « cafard ». La personne dépressive lutte avec des sentiments de grand désespoir pendant une période prolongée. Presque tous les aspects de sa vie peuvent en être affectés, notamment ses émotions, sa santé physique, ses relations et son travail. Pour les personnes souffrant de dépression, il ne semble pas y avoir de « lumière au bout du tunnel », il y a seulement un long tunnel sombre.

Les symptômes de la dépression

Si vous (ou une personne que vous connaissez) présentez certains des signes suivants pendant plusieurs semaines, il est possible que vous souffriez d’une maladie dépressive.

Les symptômes sont notamment :

  • une perte d’intérêt et l’absence de plaisir dans les activités, y compris les relations sexuelles
  • le retrait des situations sociales
  • des sentiments permanents de tristesse, d’anxiété, d’inutilité, de désespoir, de culpabilité
  • des modifications de l’appétit ou une fluctuation de poids inexpliquée
  • un manque d’énergie; la personne se plaint de fatigue
  • des troubles du sommeil (insomnie ou sommeil excessif )
  • une perte ou une diminution de la concentration, une perte de mémoire
  • des plaintes de mauvaise santé physique sans cause identifiable
  • des pensées suicidaires

Certaines personnes souffrent d’un trouble de l’humeur appelé dysthymie. La dysthymie est une maladie chronique qui cause une dépression légère et continue pendant au moins deux ans. Une personne souffrant de dysthymie a tendance à présenter des symptômes moins graves que ceux d’une maladie dépressive majeure, mais elle a quand même du mal à vaquer à ses occupations quotidiennes en raison du trouble dont elle souffre.

À l’autre extrême, certaines personnes peuvent être atteintes d’un trouble appelé dépression psychotique, qui entraîne des délires ou des hallucinations, en plus des symptômes décrits précédemment.

La dépression déguisée

Parfois, les signes que manifestent les personnes déprimées sont « atypiques ».

Par exemple, les hommes peuvent connaître des périodes prolongées d’irritabilité ou de colère, plutôt que de tristesse. Puisque ces symptômes ne dénotent pas une dépression, le diagnostic est plus difficile.

Les enfants déprimés peuvent se plaindre d’être malades, éviter l’école ou être extrêmement réticents à quitter un parent. Ils peuvent sembler en colère, peu coopératifs ou antisociaux. Malheureusement, il peut être difficile de faire la distinction entre la dépression clinique d’un enfant et un état passager, et les parents peuvent alors considérer ce comportement comme « normal ».

D’un autre côté, la société considère souvent la dépression chez les personnes âgées comme étant « normale », ce qui ne pourrait pas être plus faux. Il n’est pas normal pour les personnes âgées d’avoir continuellement des sentiments de tristesse et de désespoir.

Le trouble bipolaire

Outre les sentiments de dépression, une personne atteinte du trouble bipolaire connaît aussi des épisodes de manie. Lorsque des personnes connaissent des périodes de manie, elles présentent notamment les symptômes suivants :

  • un optimisme extrême, de l’euphorie et un sentiment de grandeur
  • des pensées rapides qui se bousculent et de l’hyperactivité
  • une diminution du besoin de sommeil
  • une irritabilité accrue
  • de l’impulsivité et peut-être un comportement téméraire

Les causes de la dépression et du trouble bipolaire

Une combinaison de facteurs peut rendre une personne plus sensible à la dépression. Ces facteurs sont notamment une maladie physique; certains médicaments; le stress; des déséquilibres biochimiques dans le cerveau, les hormones ou le système immunitaire; ainsi qu’une tendance à avoir une vision négative de la vie. Les antécédents familiaux semblent aussi contribuer aux risques de dépression clinique.

On ne sait pas ce qui cause le trouble bipolaire, bien que les recherches indiquent qu’une prédisposition génétique peut contribuer à ce trouble, car il a tendance à toucher les familles. La consommation excessive d’alcool et de drogues ainsi que le stress peuvent également contribuer à son développement.

Le traitement

Comme toute autre maladie, la maladie mentale est plus facile à soigner lorsqu’elle est diagnostiquée et traitée dès son apparition. La dépression, en particulier, réagit très bien au traitement. La dépression et le trouble bipolaire peuvent être traités au moyen de la psychothérapie, du counselling, d’information et de médicaments. La thérapie électroconvulsive, ou TEC, s’est avérée thérapeutique pour les personnes qui ne répondent pas aux autres traitements. Les groupes d’entraide sont également très bénéfiques pour mettre la personne sur la voie de la guérison de façon durable.

Un réseau de soutien composé d’amis et de membres de la famille est en outre très utile. Il est possible qu’une personne déprimée refuse la compagnie des autres, ou à l’inverse, cherche continuellement la compagnie de certaines personnes. Si vous êtes un ami ou un membre de la famille d’une personne déprimée, essayez d’être patient et de ne pas la juger; écoutez plutôt que parler, et soyez réceptif à ses pensées et ses sentiments.

Ne laissez pas la stigmatisation de la maladie mentale (qu’il s’agisse de vos préjugés ou de ceux des autres) vous empêcher d’obtenir l’aide dont vous avez besoin. Vous n’hésiteriez pas à consulter un médecin pour une jambe fracturée, alors il devrait en être de même pour une dépression. Si vous ou une personne que vous connaissez présentez les symptômes d’une dépression ou d’un trouble bipolaire, parlez-en à votre médecin de famille.

La prévention

On peut prendre des mesures pour prévenir la récurrence d’un trouble de l’humeur ou au moins, minimiser son incidence. Les saines habitudes de vie comprenant une bonne alimentation et de l’activité physique constituent un élément important de la prévention. L’Association canadienne pour la santé mentale, Ontario (ACSM Ontario), en collaboration avec l’Association ontarienne des troubles de l’humeur, le Centre de ressources en nutrition, l’Université York et la Fondation Trillium de l’Ontario, a un site Web consacré à ce sujet. Veuillez visiter le site www.mindingourbodies.ca pour obtenir d’excellents conseils et de plus amples renseignements.

En outre, essayez de maintenir un équilibre entre le travail et le divertissement. La famille et les amis, les réseaux sociaux et un sentiment de communauté favorisent tous le maintien du bien-être mental. Évitez de boire des boissons caféinées, car elles ont tendance à augmenter l’anxiété, et minimisez la consommation d’alcool, car il s’agit d’un agent dépressif.

Apprenez à reconnaître les premiers signes d’un épisode récurrent de manie ou de dépression. Plus tôt les symptômes sont décelés et le traitement est entrepris, meilleurs sont les résultats. Un traitement précoce et approprié réduira l’incidence de l’épisode et favorisera votre rétablissement plus rapide.

Pour cette raison, administrez votre propre « bibliothérapie » en vous renseignant sur les troubles de l’humeur. Rendez-vous dans une bibliothèque pour vous procurer des livres, des cassettes et des vidéos sur ce sujet; assistez à des séances d’information; joignez-vous à un groupe de soutien. Vous pouvez également communiquer avec l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) ou d’autres organismes de santé mentale pour obtenir de plus amples renseignements. Pour connaître les coordonnées du bureau de l’ACSM situé près de chez vous, visitez le site www.acsm.ca. Plus vous êtes informé, mieux vous êtes préparé à reconnaître les premiers signes de la dépression ou du trouble bipolaire.

Demandez de l’aide

Si vous ou une personne que vous aimez souffrez d’un trouble de l’humeur, comme la dépression ou le trouble bipolaire, l’avenir n’a pas à être sombre. Ne laissez pas la peur ou la gêne vous arrêter : renseignez-vous sur l’aide qui vous est accessible dans votre collectivité. Vous n’êtes pas seul. L’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) est une organisation caritative nationale qui fait la promotion de la santé mentale de tous et qui favorise le rétablissement des personnes atteintes de maladie mentale. Pour obtenir de plus amples renseignements sur l’ACSM et nos services, veuillez visiter le site www.acsm.ca.

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