Dépression au travail
Tout le monde, par moments, éprouve le cafard ou la tristesse. C’est normal. Mais si ces émotions s’intensifient, persistent pendant plus que quelques semaines et commencent à nuire aux activités quotidiennes, elles signalent peut-être une dépression. L’encouragement, l’exercice, les vitamines ou des vacances, quelle qu’en soit la mesure, ne peuvent pas mettre fin à la dépression, car la dépression est une maladie et non une faiblesse.
La dépression est très répandue
La dépression peut toucher les hommes et les femmes de tout âge, sans égard à leur éducation, leur situation économique ou leur statut social. Le taux de prévalence de la dépression est alarmant. Près de trois millions de Canadiens éprouveront la dépression à un certain moment au cours de leur vie. Le plus souvent, elle atteint les gens en âge de travailler, c’est-à -dire de 24 à 44 ans.
Obtenir de l’aide peut faire une différence. Quatre personnes sur cinq peuvent se rétablir d’une dépression si elles se font traiter.
L’impact d’une dépression non dianostiquée
La dépression peut atteindre n’importe qui – amis, membres de famille et collègues de travail. Généralement, 1 employé sur 20 est atteint d’une dépression, mais si cette dernière n’est pas diagnostiquée, éventuellement la productivité baisse et les jours de congé de maladie augmentent. L’Association canadienne pour la santé mentale aide présentement les gens en milieu de travail à mieux comprendre la nature, la portée et les signes de cette maladie incapacitante.
Reconnaître les signes de la dépression
Nous sommes tous parfois d’humeur dépressive, frustrés et découragés par la vie. Mais si ces sentiments persistent pendant quelques semaines, s’intensifient et/ou commencent à nuire aux activités quotidiennes, il pourrait s’agir d’une dépression clinique.
La dépression peut commencer graduellement ou soudainement. Aux yeux des autres, la personne déprimée semblera plus désengagée que d’habitude. Les signes de dépression varient d’une personne à l’autre, mais il existe des signes communs. En milieu de travail, une personne atteinte de dépression peut présenter l’un ou l’autre des signes suivants :
Changements personnels
- Irritabilité/hostilité
- Comportement de retrait ou extrême dépendance sur les autres
- Désespérance/désespoir
- Élocution lente
- Fatigue chronique
- Abus d’alcool ou de drogues
Changements au travail
- Difficulté à prendre des décisions
- Moins productif
- Incapable de se concentrer
- Moins fiable
- Fait plus d’erreurs que d’habitude
- Prédisposition aux accidents
- Retards fréquents, prend plus de jours de «congé de maladie»
- Manque d’enthousiasme pour le travail
Une personne qui éprouve plusieurs de ces signes pendant plus que quelques semaines devrait obtenir de l’aide.
Conséquences d’une dépression non diagnostiquée
Les personnes atteintes d’une dépression doivent vivre avec ses effets 24 heures sur 24. Par contre, en milieu de travail, elles s’efforcent de masquer leur maladie. La peur d’être réprimandées, renvoyées ou stigmatisées parce qu’elles ont la «mine basse» les empêchent d’obtenir de l’aide.
Certaines personnes se tournent vers l’alcool ou la drogue. Malheureusement, un beaucoup trop grand nombre de personnes croient encore qu’on peut se guérir soi-même par la simple maîtrise de ses émotions. Les mystérieuses «journées de maladie» peuvent irriter la famille et les collègues et, dans certains milieux de travail, aboutir à un renvoi. Une fois la dépression identifiée, le traitement peut réussir chez 80 % des gens atteints et ces derniers peuvent alors reprendre leurs activités normales.
En réalité, une dépression non traitée peut durer des mois ou même des années. Une personne peut devenir tellement repliée sur elle-même qu’elle ne peut même pas sortir du lit. Se sentant isolées de leur famille, de leurs amis et de leurs collègues de travail et incapables d’obtenir de l’aide, 15 % des personnes atteintes de dépression grave se suicident.
Comment obtenir de l’aide pour vous-même ou une personne que vous connaissez?
Suite à la lecture de ce document, si vous croyez qu’une personne que vous connaissez est aux prises d’une dépression, la première chose à faire, et la plus importante, est d’obtenir de l’aide.
Il ne faut se rappeler que l’aide est la clé : 80 % des gens atteints d’une dépression se rétablissent s’ils obtiennent de l’aide. Ne tentez pas de diagnostiquer le problème vous-même. Ce rôle appartient à un professionnel de la santé qualifié.
Si vous croyez qu’un collègue de travail est aux prises d’une dépression, il faut continuer de le traiter avec respect. Assurez-vous qu’il sache que sa contribution compte au travail et pour ses collègues. Encouragez-le et faites-lui des compliments sincères tous les jours.
Enfin, profitez de sa confiance en vous pour l’encourager à obtenir de l’aide ou à poursuivre son traitement. Encouragez votre collègue à parler à son professionnel de la santé, à l’infirmière de l’entreprise ou au Service d’aide aux employés. L’un ou l’autre de ces professionnels saura diriger une personne déprimée vers la thérapie appropriée, comme counseling, groupe d’entraide, appui de la famille et de pairs, ou l’aiguiller à un spécialiste qui sera en mesure de prescrire des médicaments ou la psychothérapie. Ces méthodes de traitement, qu’on en suive une ou une combinaison de celles-ci, ont un taux de réussite très élevé, mais la personne déprimée doit faire le premier pas.
Faites échec à la dépression – obtenez de l’aide dès que possible!

