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Histoire de l’ACSM

L’Association canadienne pour la santé mentale est un des plus anciens organismes bénévoles du domaine de la santé au Canada.

Fondée par le Dr Clarence M. Hincks et Clifford W. Beers le 26 janvier 1918, elle a d’abord été connue sous le nom de Comité national d’hygiène mentale du Canada (CNHMC). La santé mentale était un sujet qui intéressait grandement le Dr Hincks car il a lui-même connu des épisodes de maladie mentale.

Le Globe and Mail a signalé la formation du groupe en ces mots: « 20 000 $ octroyés à l’Institut: le Comité national d’hygiène mentale a vu le jour dans la résidence de madame Dunlap. »

De courtes notes historiques présentent les buts et les objectifs du Comité national d’hygiène mentale du Canada (CNHMC) tels que décrits lors de cette première réunion. Ceux-ci étaient:

  1. Travail pendant la guerre: (a) examen psychiatrique des recrues; (b) soins adéquats pour les soldats de retour de guerre qui souffrent de troubles psychiques.
  2. Examen psychiatrique des immigrants (après la guerre) afin de s’assurer d’une meilleure sélection d’immigrants.
  3. Installations adéquates pour le diagnostic et le traitement des cas de maladies mentales.
  4. Soins adéquats pour les personnes ayant une maladie mentale.
  5. Prévention de la maladie et de la déficience mentale.

Le Dr Hincks a demandé à des amis et à des professionnels de se joindre au comité en préconisant ceux qui travaillaient dans le domaine de la médecine. Il avait déjà l’appui du Dr C.K. Clarke, doyen de la faculté de médecine et professeur au département de psychiatrie de l’Université de Toronto. Son discours convaincant à la faculté de médecine de l’Université McGill lui a valu l’approbation générale.

Le Dr Hincks a par la suite mis sur pied un conseil d’administration. Il a demandé à vingt directeurs d’entreprise et professionnels de siéger sur le comité. Dix-huit d’entre eux ont accepté. Parmi ceux-ci on comptait Lord Shaughnessy, président du CFCP, Richard B. Angus, homme d’affaires et philanthrope montréalais, le Dr C.F. Martin, professeur à la faculté de médecine de l’Université McGill, Sir Vincent Meredith, président de la Banque de Montréal, et F.W. Molson, président de la Brasserie Molson. Chacun d’entre eux a accepté de verser 1 000 $ par année pendant trois ans pour couvrir les dépenses de la nouvelle organisation.

Le Dr Hincks a gagné d’autres appuis grâce à ses réunions novatrices de type réceptions. Des femmes bien en vue au sein de la société offraient le thé à leurs amis riches et influents. Le Dr Hincks y introduisait le conférencier, son ami et cofondateur du comité, Clifford W. Beers, auteur du livre A Mind that Found Itself. Ce livre présente une description assez précise de la maladie mentale de Beers et du traitement qu’il a reçu et qui fut, en partie, abusif et même cruel.

Le Dr Hincks a utilisé cette même stratégie dans les résidences d’amis habitant la ville de Québec, Montréal et Ottawa. Celle-ci fut couronnée de succès. Il a ainsi pu recruter un nombre impressionnant de membres et de donateurs potentiels.

La première réunion officielle du CNHMC s’est tenue à Ottawa le 26 avril 1918. Une constitution provisoire a alors été adoptée. Le Dr C.F. Martin, professeur à la faculté de médecine à l’Université McGill, a été élu président. Le Dr C.K. Clarke a été nommé directeur médical et le Dr C.M. Hincks a été nommé directeur médical adjoint et secrétaire.

À l’automne 1918, le Comité s’est établi au 143, rue du College à Toronto. Madame Marjorie Keyes et deux secrétaires, mesdames Anne Abbot et Doris Secord, se sont jointes au Dr Clarke et au Dr Hincks. Madame Keyes était infirmière diplômée. Elle s’est jointe à l’équipe du Dr Clarke et du Dr Hincks à la Clinique externe en psychiatrie du Toronto General Hospital. Pendant l’été 1918, madame Keyes s’est préparée à ses nouvelles fonctions en poursuivant des études en psychiatrie au Smith College.

Le lieutenant-colonel Colin Russel a rapidement donné l’occasion au CNHMC d’entreprendre un important projet. Russel était neurologue au ministère du Rétablissement civil des soldats et avait visité de nombreux hôpitaux psychiatriques provinciaux où étaient soignés les soldats. Il a été particulièrement ébranlé par la piètre qualité des installations du Manitoba. Le gouvernement de cette province envoyait dans les hôpitaux psychiatriques des individus issus de différentes institutions qui s’occupent actuellement des personnes souffrant de troubles ou de retards mentaux comme les prisons, les écoles, les résidences offrant des soins spécialisés et la Chambre de la jeunesse.

Le 30 septembre 1918, le Dr Hincks et madame Keyes se sont rendus à Winnipeg où ils ont visité de nombreuses institutions dont l’asile industriel de l’Armée du Salut et le Home for Incurables à Portage la Prairie. Ils ont été tellement bouleversés par ce qu’ils y ont vu qu’ils sont immédiatement retournés à Winnipeg pour discuter avec les représentants du gouvernement. Le CNHMC a élaboré un rapport confidentiel portant sur les observations qui ont été faites. Ce rapport a été soumis au gouvernement et au service de bien-être public.

Suite à l’enquête réalisée au Manitoba et à la mise en application rapide des recommandations par cette province, d’autres provinces ont manifesté leur intérêt pour de telles enquêtes. Au cours des quatre années qui ont suivi, le Comité a reçu des demandes d’enquêtes de la Colombie-Britannique, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, de l’Alberta et de la Saskatchewan. Comme au Manitoba, ces enquêtes comprenaient l’ensemble des institutions.

Le CNHMC a joué un rôle actif pour apaiser la souffrance des soldats. Il était évident pour le Dr Hincks que les soldats ne recevaient pas un traitement adéquat. Assisté de madame Keyes, le Dr Clarke a procédé à une consultation rapide des soldats hospitalisés dans dix hôpitaux de l’Ouest. Les conclusions de cette enquête préliminaire ont été publiées en 1920. Le fait de souligner le traumatisme dû aux bombardements et d’autres troubles neuropsychiatriques touchant un nombre aussi important d’hommes physiquement aptes au travail a permis de préparer le terrain au travail du Comité national.

Le CNHMC s’est également intéressé aux améliorations apportées au dépistage psychiatrique des immigrants. Les séminaires et les rapports officiels du Dr Clarke étaient axés sur cet élément.

Les écoles représentaient un autre secteur pouvant être amélioré. Le Dr Hincks et la Dre Helen MacMurchy ont fait des pressions pour que des enquêtes visant à évaluer l’étendue des retards mentaux et des autres troubles psychiques chez les enfants qui fréquentent l’école et à offrir le soutien nécessaire à la mise sur pied de classes d’éducation spécialisée soient réalisées. Au cours de ses cinq premières années d’activités, le CNHMC a construit une base solide pour satisfaire aux objectifs établis en 1918. Des enquêtes portant sur les soins et les traitements fournis aux gens ayant des troubles psychiques ont été réalisées dans chaque province. Les hôpitaux psychiatriques de toutes les provinces, à l’exception de l’Ontario et du Québec, ont été inspectés à la demande des gouvernements provinciaux. On s’est aperçu que le nombre de troubles psychiques était bien plus important que ce à quoi on s’attendait et que les programmes de prévention étaient tout simplement inexistants. Conformément aux recommandation du comité, les gouvernements provinciaux ont investi plus de six millions de dollars dans l’amélioration des installations pour les personnes ayant une maladie mentale.

Les enquêtes du CNHMC effectuées auprès des enfants inscrits dans les systèmes scolaires de l’Ontario et du Québec ont permis aux commissions scolaires de mettre sur pied plus de 150 classes spéciales pour les enfants accusant des retards mentaux. On a fait la promotion des cliniques d’hygiène mentale et, dans certains cas, celles-ci ont même été financées en partie. Une étude portant sur le dépistage psychiatrique des immigrants a permis de réduire le nombre de nouveaux Canadiens présentant des troubles mentaux. Le problème du « traumatisme dû aux bombardements » et la réadaptation des soldats souffrant de troubles psychiques ou de désordres nerveux ont été analysés en coopération avec le DSCR et le directeur général des services médicaux de l’armée. Il s’agissait des premiers balbutiements de l’éducation du public et des professionnels à l’égard de l’hygiène mentale et de la psychiatrie.